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Phaeton , tradition hyperboréenne ??

 
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Mitra
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MessagePosté le: Ven 7 Juil - 17:34 (2017)    Sujet du message: Phaeton , tradition hyperboréenne ?? Répondre en citant

Une belle étude commentée de Phaeton par OVIDE.

OVIDE ( poete Latin 47 avant JC - 17 apres JC) est une source TRES qualifiée (nous vous en donnerons la raison dans notre demonstration) pour nous parler des Hyperboréens et de l' histoire / tradition de Phaeton qui les concerne en premier lieu.

Source: http://bcs.fltr.ucl.ac.be/METAM/Met02/M02-001-271.html




Copie complete

OVIDE, MÉTAMORPHOSES, LIVRE II

[Trad. et notes de A.-M. Boxus et J. Poucet, Bruxelles, 2005]



Phaéton conduit le char du Soleil (2, 1-271)




Phébus permet à Phaéton de conduire son char (2, 1-152)

Après avoir découvert, ébloui, le palais du Soleil, décrit avec emphase (représentation de l'univers sculpté sur les portes), Phaéton s'approche de Phébus en personne, trônant dans l'éclat de sa majesté. (2, 1-30)

Phébus rassure Phaéton sur son origine, et s'engage, par un serment qu'il ne peut rompre, à lui accorder la faveur de son choix pour prouver sa paternité. Phaéton souhaite conduire durant un jour le char de son père. Désespéré, le père tente vainement de dissuader son fils, invoquant son jeune âge, sa condition de mortel, et le caractère surhumain de la tâche. (2, 31-102)

Phaéton ne veut rien entendre, et Phébus, lié par son serment, se résigne à le conduire devant le char éblouissant, prêt à partir au lever de l'Aurore. Au comble de l'inquiétude, il prodigue à son fils soins et conseils avant de le lancer dans cette aventure périlleuse. Phaéton, tout à son bonheur et sourd à la voix de la sagesse, est prêt à prendre le départ. (2, 103-152)


Le palais du Soleil élançait bien haut ses colonnes altières,

il brillait sous l'or scintillant et le pyrope imitant des flammes ;

l'ivoire resplendissant recouvrait le faîte des toits

et des portes doubles rayonnaient avec l'éclat de l'argent.


L'art l'emportait encore sur le matériau ; en effet, Mulciber

y avait ciselé les mers ceinturant la terre,

le globe terrestre et, dominant ce globe, le ciel.

L'onde est peuplée de dieux couleur bleu de mer,

le sonore Triton, Protée l'incertain et le géant Égéon,

pressant dans ses bras des baleines aux dos démesurés ;

on voit Doris et ses filles ; les unes sont en train de nager,

d'autres, assises sur la digue, sèchent leurs verts cheveux,

certaines chevauchent un poisson ; leur visage n'est pas le même,

sans être différent toutefois, comme il convient à des soeurs.


Sur la terre figurent des hommes et des cités, des forêts et des fauves,

des fleuves et des nymphes, et d'autres divinités rustiques.

Par-dessus cela, on voit la représentation du ciel éclatant

et des signes du zodiaque, six sur la porte à droite et autant à gauche.

Sitôt arrivé au palais par un chemin en pente, le fils de Clymène

pénétra sous le toit du père dont il doutait être le fils,

et dirigea tout de suite ses pas vers la personne de son père,

s'arrêtant toutefois à bonne distance, car il ne supportait pas

son éclat trop proche. Voilé dans un vêtement de pourpre,

Phébus trônait sur un siège étincelant d'émeraudes éclatantes.


À droite et à gauche se tenaient le Jour, le Mois, l'Année,

les Siècles et les Heures, placées à intervalles réguliers ;

le Printemps naissant se dressait, couronné de fleurs,

l'Été, dénudé, était debout, portant des guirlandes d'épis,

l'Automne aussi était là, éclaboussé du jus des raisins foulés,


et l'Hiver glacial et hirsute avec ses cheveux blancs.


Au centre, le Soleil en personne, de ses yeux qui voient tout,

aperçoit le jeune homme effrayé par ce spectacle nouveau et dit :

« Pourquoi ce voyage ? Qu'es-tu venu chercher en cette citadelle

Phaéton, pour ton père progéniture incontestable ? »

Il répond : « Ô lumière commune à l'immense univers,

Phébus, mon père, si tu me permets d'user de ce nom

et si Clymène ne dissimule pas une faute sous un mensonge,

père, donne-moi des gages qui m'autoriseront à croire

que je suis vraiment ton fils et arrache ce doute de mon esprit ! »


Il avait fini de parler ; son père déposa les rayons scintillants

qui lui entouraient la tête et ordonna au garçon de s'approcher ;

après l'avoir embrassé, il dit : « Tu es digne que je ne refuse pas

que tu te dises mon fils, et Clymène a dit vrai sur ta naissance.

Pour t'éviter de douter encore, demande-moi le présent que tu veux,

je te l'accorderai et tu l'emporteras. Que ma promesse ait pour garant

le marais par lequel jurent les dieux, et que mes yeux n'ont jamais vu. »

Il avait à peine fini, et Phaéton aussitôt demande le char paternel,

et le droit de conduire tout un jour durant les chevaux aux pieds ailés.


Le père regretta son serment ; secouant trois ou quatre fois

sa tête éclatante, il dit : « J'ai parlé inconsidérément,

influencé par tes paroles. Ah ! Si je pouvais renier ma promesse !

Je l'avoue, mon fils, c'est la seule chose que je te refuserais.

Je puis t'en dissuader ; ce que tu veux n'est pas sans danger ;

ce que tu exiges est une mission importante, Phaéton,

qui ne convient ni à tes forces, ni à un enfant de ton âge.

Tu es mortel, et ta demande n'est pas celle d'un mortel.

Tu tentes même, inconscient, d'obtenir plus que ce qui pourrait

échoir aux dieux ; que chacun se complaise en ses possibilités,

mais personne n'est à même de tenir sur le char de feu,

sinon moi ; même le maître du vaste Olympe, dont la droite terrible

lance la foudre dévastatrice, ne pourrait conduire mon char.

Et que connaissons-nous de plus grand que Jupiter ?

Le premier tronçon est raide, et mes chevaux, frais reposés le matin,

l'escaladent avec peine ; la partie centrale est très élevée dans le ciel,

et, moi-même, souvent, voyant de là-haut la mer et la terre,

je prends peur, et mon coeur tremble d'un épouvantable effroi.

Le dernier tronçon, en pente, exige une maîtrise certaine ;

et même, m'accueillant dans les eaux qui lui sont soumises, souvent

Téthys craint à ce moment-là de m'y voir précipité tête en avant.

Ajoute que le ciel est emporté en une révolution constante,

et qu'il entraîne en une rapide rotation les astres élevés.

Je lutte à contresens, mais l'élan qui emporte tout ne m'emporte pas

et je me déplace à contre-sens de leur tour endiablé.

Imagine détenir mon char ; que feras-tu ? Pourras-tu affronter

la rotation des pôles et empêcher de t'emporter l'axe rapide du ciel ?

Tu t'imagines peut-être qu'on trouve là-bas, chez les dieux,

des bois sacrés, des villes, des sanctuaires regorgeant d'offrandes.

Non. La route est semée de pièges et de figures de bêtes sauvages.

Pour conserver ta direction sans jamais te détourner,

tu devras même traverser les cornes du Taureau qui te fera face,

l'arc de l'Hémonien, la gueule du Lion cruel, le Scorpion,

courbant ses bras redoutables sur une longue distance,

et le Cancer courbant les siens dans la direction opposée.

Et ces chevaux, enhardis par les feux de leur poitrail

qu'ils exhalent par la bouche et les naseaux, ce n'est pas à toi

de les conduire ; ils me tolèrent à peine, dès que s'est allumé

leur souffle ardent, et que leur tête rejette les brides.

Toi, mon fils, évite-moi la responsabilité d'un présent funeste,

et, tant qu'il en est temps encore, formule un voeu plus sage.


Sans doute, pour te croire issu de mon sang,

veux-tu un gage sûr ? Ma peur même te le fournit,

ma crainte de père atteste assez ma paternité. Tiens,

vois mon visage ; si seulement tes yeux pouvaient s' introduire

dans mon coeur et y surprendre les soucis de ton père !


Enfin, regarde autour de toi comme le monde est riche :

parmi tant de biens si grands dans le ciel, la terre et la mer,

demandes-en un ; tu ne souffriras aucun refus.

Je veux te détourner de ce qui est un châtiment, non un honneur ;

tu exiges un châtiment, Phaéton, non une faveur !

Pourquoi, ignorant, entoures-tu mon cou de tes bras caressants ?

N'en doute pas, tu recevras, - je l'ai juré par les eaux du Styx -,

tout ce que tu auras souhaité ; mais, fais un souhait plus sage. »

Le dieu avait fini ses recommandations ; son fils pourtant les repousse

et persiste dans son projet, brûlant du désir de conduire le char.


Alors le père, après avoir différé autant qu'il le peut,

mène le jeune homme au char imposant, présent de Vulcain.

D'or étaient les essieux, d'or le timon, d'or les cercles

ornant les roues, d'argent tous les rayons ; sur le joug,

des chrysolithes et des gemmes régulièrement disposées

de son lumineux éclat.

Tandis que le noble Phaéton admire et examine l'oeuvre,

voici que, du côté du levant éclairé, la vigilante Aurore

ouvre ses portes empourprées et ses cours pleines de roses ;

les étoiles s'enfuient, troupes rassemblées par Lucifer,


la dernière à quitter son poste dans le ciel.

Dès que Titan voit cet astre gagner les terres, le monde

se colorer de rose, et s'évanouir les extrémités des cornes de la lune,

il commande aux Heures rapides d'atteler les chevaux.

Les déesses agiles exécutent les ordres ; elles font sortir

des écuries du ciel les chevaux aux naseaux cracheurs de feu,

repus du suc de l'ambroisie, et les revêtent de harnais sonores.


Alors le père enduit le visage de son fils d'un onguent sacré

et le rend résistant à la flamme dévorante ;

il lui couvre la chevelure de rayons, et de son coeur angoissé

poussant des soupirs annonciateurs de douleur, il lui dit :

« Petit, si au moins tu peux suivre ces conseils de ton père,

évite l'aiguillon et tiens les rênes fermement serrées !

Les chevaux avancent d'eux-mêmes ; c'est dur de retenir leur élan.

Et ne choisis pas la voie directe qui traverse les cinq zones ;

une route, tracée en oblique et décrivant une large courbe,

se borne au territoire de trois zones ; elle évite le pôle austral

et l'Ourse, liée aux Aquilons ; prends cette voie ;

tu y distingueras des traces visibles de roues.

Et pour répartir également la chaleur entre ciel et terre,

ne descends pas ton char, ne le déplace pas vers le haut éther.

Si tu sors de la voie, trop haut, tu mettras le feu aux toits du ciel,

trop bas, tu brûleras les terres ; au centre, tu iras le plus en sécurité.

Que tes roues ne t'inclinent pas, trop à droite, vers le Serpent noueux

et, trop à gauche, qu'elles ne te mènent pas vers l'Autel tout en bas.


Tiens-toi entre les deux ; je confie le reste à la Fortune,

souhaitant qu'elle t'aide et veille sur toi, mieux que toi-même.

Pendant que je parle, la nuit humide a gagné les bornes fixées

sur le rivage d'Hespérie ; il ne nous est pas loisible de tarder ;

on nous réclame, les ténèbres ont été chassées et l'aurore luit.


Prends les rênes en main ou, si ton coeur peut changer,

fais usage de mes conseils, non pas de mon char !

Tant que tu le peux, tant que tu es encore en terrain stable,

tant que, insensé, tu ne presses pas encore les roues dont tu rêves à tort,

laisse-moi doter la terre de feux que tu contemples en toute sécurité. »


Phaéton s'installe sur le char que n'alourdit pas son corps juvénile,

il s'y tient debout, tout au plaisir de manier les rênes légères,

et de là il rend grâces à son père bien contrarié.



Le vol catastrophique de Phaéton (2, 153-271)

Ovide décrit la course du char, au cours de laquelle le jeune Phaéton a tôt fait de perdre le contrôle de la situation. Les événements sont d'abord centrés sur le comportement des chevaux, totalement débridés. (2, 153-170)

Le désordre se manifeste ensuite dans le ciel, où des constellations d'habitude figées par le gel se mettent à fondre. Phaéton, complètement perdu, assiste impuissant à la ruine et à la dévastation qui se répand partout sur la terre. (2, 171-271)


Entre-temps, les rapides chevaux du Soleil, Pyrois, Éous, Éthon,

et Phlégon le quatrième, emplissent les airs de leurs hennissements,

ils sont pleins de feu et frappent de leurs sabots leurs barrières.

Dès que Téthys, ignorant le destin de son petit-fils,

eut repoussé ces barrières, leur donnant accès au ciel immense,

ils prennent leur élan, agitent leurs pieds dans les airs,

déchirent les nuages au passage et, soulevés par leurs ailes,

dépassent l'Eurus, qui se lève aussi dans cette région.

Mais le char était d'un poids léger, que ne pouvaient reconnaître

les chevaux du Soleil ; le joug n'avait pas son poids habituel.

De même que les navires creux, privés d'un lest approprié,

sont instables en mer parce que trop légers, ainsi le char,

dépourvu d'une charge suffisante, bondit dans l'air,

subit de fortes secousses, comme s'il était vide.

Sentant cela, les quatre bêtes de l'attelage aussitôt accélèrent,

quittent la piste tracée et ne prennent pas la direction d'avant.

Phaéton a peur ; il ne sait ni par où tirer les rênes qu'il a en mains,,

ni où est sa route et, s'il savait, il ne maîtriserait pas les chevaux.


Alors, pour la première fois, le Septentrion glacé s'échauffa

sous les rayons et tenta, en vain, de plonger dans la mer interdite ;

le Serpent, le plus proche du pôle glacial, qui naguère

était figé par le froid et n'inspirait de crainte à personne,,

s'échauffa et conçut dans cette chaleur des colères inconnues.

On raconte que toi aussi, Bouvier, troublé, tu pris la fuite,

en dépit de ta lenteur et du chariot qui te retenait.

En fait, dès que, du haut de l'éther, l'infortuné Phaéton

aperçut les terres qui s'étendaient bien loin, tout en bas,


il pâlit, ses genoux se mirent à trembler d'une crainte soudaine,

et, au sein de tant de lumière, des ténèbres couvrirent ses yeux.

À présent, il préférerait n'avoir jamais touché les chevaux de son père ;

il regrette de connaître son origine et de voir ses prières abouties.

Désireux désormais d'être appelé fils de Mérops, il est emporté,

tel un bateau qu'entraîne un violent Borée, dont le pilote vaincu

a perdu le contrôle, l'abandonnant aux dieux et aux prières.

Que faire ? Derrière lui, il a laissé une grande portion de ciel,

devant lui, la portion est plus grande encore ; en esprit,

il mesure les deux espaces et, buts que son destin n'est pas d' atteindre,

il regarde, tantôt devant lui le couchant, tantôt derrière, le levant.

Ne sachant que faire, il reste figé ; il ne peut ni relâcher,

ni retenir les rênes ; il ignore même les noms des chevaux.


Il voit aussi d'étranges choses éparses en divers points du ciel

et, tremblant d'effroi, découvre des figures de bêtes monstrueuses.

Il est un endroit où le Scorpion creuse ses pinces en arcs jumeaux :

avec sa queue et ses bras fléchis de part et d'autre,

il étend ses membres sur l'espace de deux signes.

Dès qu'il l'aperçut, tout gluant et suant un noir venin,

menaçant de le blesser de son dard recourbé, l'enfant,


incapable de penser, glacé d'épouvante, lâcha les rênes.

Dès que ces brides lâchées touchent le haut de leur échine,

les chevaux sortent de leur route et, rien ne les retenant plus,

gagnent des régions inconnues ; là où les mènent leur élan

ils se précipitent au hasard ; sous le haut éther, ils se heurtent

aux étoiles fixes, entraînant le char hors des chemins tracés ;

tantôt ils gagnent les sommets, tantôt pentes et précipices

les emportent vers des zones plus proches de la terre.

La Lune s'étonne de voir courir en-dessous de ses chevaux

ceux de son frère ; les nuages, brûlés, se muent en fumée.


Les points les plus élevés de la terre sont la proie des flammes ;

elle se fend, se crevasse et se dessèche, privée de sève.

Les pâturages blanchissent, l'arbre avec ses feuilles est en feu

et la moisson séchée s'offre comme matière à sa propre perte.

Il y a pire. De grandes cités avec leurs remparts périssent, :

des incendies transforment en cendres des territoires entiers

et leurs populations. Des forêts avec les montagnes se consument :

ainsi l'Athos et le Taurus de Cilicie, et le Tmolus, et l'Oeta,

l'Ida, doté auparavant d'innombrables sources, maintenant aride

l'Hélicon des Vierges, et l'Hémus que ne possédait pas encore Oeagre.

L'Etna voit redoubler ses feux ; un brasier immense atteint

le Parnasse aux deux sommets, et l'Éryx et le Cynthe et l'Othrys,

puis enfin le Rhodope bientôt privé de ses neiges, le Mimas,

et le Dindyme et le Mycale et le Cithéron, né pour un culte sacré.

La Scythie ne tire nul profit de ses frimas ; le Caucase est embrasé

et aussi l'Ossa, comme le Pinde, et l'Olympe plus haut qu'eux

et les Alpes aériennes et l'Apennin couvert de nuées.
Alors Phaéton voit que l'univers en toutes ses parties

est en feu et il ne résiste pas à des chaleurs si excessives ;

il respire l'air brûlant comme s'il sortait d'une fournaise profonde,

et sent que son char est en train de chauffer à blanc ;

il ne peut supporter les cendres et le tourbillon de poussière,

enveloppé de toutes parts par une fumée brûlante.

Ne sachant ni où il va ni où il est, couvert d'une obscurité de poix,

il se laisse emporter, au gré de ses chevaux ailés.

C'est alors, croit-on, que les peuples d'Éthiopie sont devenus noirs,

quand leur sang fut attiré à la surface de leurs corps ;

alors la Libye devint aride, une fois l'humidité absorbée par la chaleur ;

alors les nymphes dénouèrent leurs cheveux et pleurèrent

leurs sources et leurs lacs : la Béotie chercha Dircé,

Argos chercha Amymone, et Éphyre, les ondes de Pirène.

Les fleuves, dotés par le sort de rives espacées,

ne sont pas plus sûrs ; au milieu de leurs flots, on voit fumer

le Tanaïs, et le vieillard Pénée et le Caïque de Teuthranie,

le rapide Isménos, et l'Érymanthe qui baigne Phégia,

et le Xanthe, voué à brûler une seconde fois, le jaune Lycormas,

et le Méandre qui joue de ses ondes sinueuses,

le Mélas de Mygdonie et l'Eurotas de Ténare.

S'embrasèrent aussi l'Euphrate de Babylone, et l'Oronte,

et le vif Thermodon, et le Gange, et le Phase, et l'Hister.

L'Alphée est bouillonnant, les rives du Sperchios sont en feu ;

et l'or que charrie le lit du Tage coule, liquéfié par le feu.

Les oiseaux qui célébraient dans leurs chants les rives de Méonie,

les oiseaux du Caÿstre, ont brûlé au milieu de ce fleuve.

Le Nil, épouvanté, a fui à l'extrémité du monde,

et a caché sa source, restée inconnue jusqu'à nos jours ;

restent vides sept bouches ensablées, et sept vallées sans eau.

Le même sort met à sec, au pays de l'Ismarus, l'Hèbre et le Strymon,

et, du côté de l'Hespérie, le Rhin, et le Rhône, et le Pô,

et celui à qui fut promis l'empire du monde, le Tibre.

Le sol tout entier s'entrouvre, et la lumière pénètre dans le Tartare

par les crevasses, effrayant le roi des enfers et son épouse ;

la mer se retire et une plaine de sable aride remplace ce qui naguère

était l'océan ; des monts jadis recouverts par la haute mer

se dressent et augmentent le nombre des Cyclades éparses.

Les poissons cherchent les fonds et les dauphins ondoyants

n'osent plus se soulever sur les flots dans les airs pour eux familiers.

Des cadavres de phoques, ventre en l'air, flottent sans vie

à la surface des eaux. On raconte aussi que Nérée même

et Doris et ses filles se sont cachés dans leurs grottes déjà tièdes.

Par trois fois Neptune menaçant avait osé sortir de l'eau

ses bras et son visage ; trois fois il ne put supporter l'air embrasé.


NOTES

Le palais du Soleil... (2, 1-18). Des descriptions (ekphraseis en grec), interrompant le récit, sont courantes dans l'épopée. Cfr, parmi beaucoup d'autres exemples, 1, 168-175 (le Palatin céleste), ou Virg., Én., 6, 20-33 (les portes du temple d'Apollon à Cumes).

pyrope (2, 2). Un alliage de cuivre et d'or, évoquant l'ardeur et l'éclat du soleil.

ivoire (2, 3). Il s'agit probablement de statues et d'acrotères, décorant le faîte des toits et les frontons.

Mulciber (2, 5). Un des noms donnés à Vulcain, le dieu-forgeron : il signifie « celui qui assouplit » (les métaux).

couleur bleu de mer (2, 8-11). Le bleu sombre est la couleur attribuée depuis Homère aux dieux marins (cfr 1, 275, pour Neptune ; et 1, 333, pour Triton). Quelques-uns de ces dieux liés à la mer sont énumérés ici. Triton, dieu marin, fils de Poséidon et Amphitrite, qui joue de la conque (cfr 1, 333, et Virgile, Én., 1, 144 et la note) ; Protée, ou le « vieillard de la mer », susceptible de prendre des formes multiples et terrifiantes (Homère, Odyssée, 4, 394-461; cfr Fastes, I, 367 ; Mét., 11, 224-257) ; Égéon, appelé aussi Briarée, géant à cent bras (cfr Virgile, Én., 10, 565-570), dont les liens avec la mer ne sont pas aussi nets (selon certaines versions, Poséidon lui aurait donné la main de sa fille Cymopolée) ; enfin Doris, fille d'Océan et de Téthys ; épouse (et soeur) de Nérée, elle est la mère des Néréides (cfr 2, 268-269 ; Fastes, 4, 678).

signes du zodiaque (1, 18). Les douze signes du Zodiaque sont bien à leur place dans la description du palais du Soleil. Ce sont les douze constellations que le Soleil semble parcourir dans le ciel en l'espace d'une année.

fils de Clymène (2, 19). Phaéton (cfr 1, 756).

Heures (2, 26). « Les Horae, chez les Grecs, étaient, à l'origine, les divinités des Saisons ; ce n'est qu'à partir de l'époque alexandrine qu'elles ont personnifié les Heures » (G. Lafaye). En 2, 118, Ovide semble en faire des palefreniers célestes.

faute (2, 37). Phaéton, né de l'union de Phébus et de Clymène, épouse de Mérops, roi des Éthiopiens. La faute en question ici serait pour Clymène d'avoir trompé Mérops avec un autre homme, et d'avoir attribué sa liaison à Phébus, ce qui était plus honorable pour elle. Pour l'idée, on songera à la manière dont Tite-Live (1, 4, 2) raconte la naissance miraculeuse de Romulus et de Rémus : « Victime d'une violence, la Vestale [= Rhéa Silvia] mit au monde deux jumeaux, et, soit bonne foi, soit désir d'ennoblir sa faute en la rejetant sur un dieu, elle attribua à Mars cette paternité suspecte ».

déposa les rayons (2, 40). Parce que ceux-ci aveuglaient son fils et l'empêchaient d'approcher (cfr 2, 21-22). On peut songer à Hector, qui, dans l'Iliade (6, 466-473), retire son casque dont le panache effrayait le petit Astyanax.

le marais (2, 44-45). Il s'agit du Styx, fleuve des enfers. On a déjà évoqué à plusieurs reprises ce serment par le Styx qui engageait les dieux de manière irréversible. Cfr par exemple 1, 189.

Téthys (2, 69). Fille d'Ouranos et de Gaia, elle s'unit à Océan et donne naissance à de nombreux fleuves et fontaines. Divinité primordiale. Ici, par métonymie, ce nom désigne « la mer ». Voir aussi 2, 156.

révolution constante (2, 70). « Suivant les astronomes anciens, les étoiles étaient fixées à la voûte céleste et entraînées par elle par un mouvement de rotation de l'Ouest à l'Est, à l'inverse du soleil et des planètes. » (G. Lafaye).

bêtes sauvages (2, 78). Ce sont les signes du zodiaque, mais le Soleil exagère un peu, car c'est dans l'espace d'une année et non d'un jour que son char les rencontre.

Taureau (2, 80). Second signe du zodiaque, souvent identifié au taureau qui emporta Europe de Sidon (cfr 2, 833-875)

arc de l'Hémonien (2, 81). Allusion au Sagittaire (l'Archer), neuvième signe du zodiaque. Avant d'être « catastérisé », il était Chiron, le centaure qui vivait en Thessalie (= Hémonie), où il avait été chargé de l'éducation d'Achille. Cfr Homère, Iliade, 11, 831-2 ; Fastes, 5, 379-414 et les notes.

Lion (2, 81). Le Lion de Némée, illustre objet du premier des travaux d'Hercule, et qui reparut dans le ciel comme cinquième signe du zodiaque.

Scorpion (2, 82). Le Scorpion, huitième signe du zodiaque, est lié à certaines variantes de la complexe légende d'Orion. Il en sera encore question infra, 2, 195ss. Pour le Scorpion, voir Fastes, 3, 712 ; 4, 163 ; 5, 417. Pour Orion, Fastes, 4, 388, et 5, 493-544, particulièrement, 537-544.

Cancer (2, 83). Ou Crabe, quatrième signe du zodiaque, transformé en constellation par Junon. Lors du combat d'Hercule contre l'Hydre de Lerne (second travail), le crabe avait aidé l'hydre en mordant Hercule au talon. Voir Fastes, 1, 313.

chrysolithes (2, 109). Terme grec signifiant « pierres d'or », et qu'on identifie généralement à la topaze.

Lucifer (2, 114-115). C'est-à-dire « l'étoile du matin » (Homère, Odyssée, 13, 93-94). C'est en fait la planète Vénus, visible dans l'hémispère nord, soit juste avant l'aube, soit au crépuscule (dans ce cas, sous le nom de Vesper, « l'étoile du soir »).

Titan (2, 118). Le Soleil.

ambroisie (2, 121). L'ambroisie est la nourriture des dieux ; elle est souvent associée au nectar, la boisson divine. Cfr 4, 214-216 : « Sous le ciel de l'Occident s'étendent les pâturages des chevaux du Soleil ; leur herbe est l'ambroisie, qui repose leurs membres fatigués par les services de la journée et les régénère pour la tâche à venir ».

sonores (2, 121). À cause des clochettes qu'ils portent.

rayons (2, 124). Phaéton va tenir la place du Soleil.

cinq zones (2, 129-133). Les cinq zones parallèles qui divisent la sphère céleste et le globe terrestre (cfr 1, 45-51).

en oblique (2, 130). C'est l'écliptique, qui ne « touche » que trois zones.

Ourse (2, 131). La Grande Ourse et la Petite Ourse, alias les Septem Triones. Cfr 2, 171 ; 2, 528.

Serpent... Autel (2, 138-139). Il s'agit de deux constellations qui ne font pas partie des signes du zodiaque, le Soleil ne les traversant pas normalement au cours de son périple annuel. Le Serpent (ou Draco) est une constellation de l'hémisphère nord qui s'enroule autour des deux Ourses. L'Autel par contre est une des constellations de l'hémisphère sud, qui étaient encore visibles pour les Anciens.

Hespérie (2, 143). L'Occident, là où commençait l'océan, où la Nuit plongeait dans les flots dès le lever du soleil en Orient. À noter que l'Hespérie, chez Virgile par exemple, désigne souvent l'Italie ; ici, il s'agit plutôt de l'Espagne.

Pyrois, Éous, Éthon... Phlégon (2, 153-154). Les noms qu'Ovide donne ici aux coursiers du Soleil sont tous grecs et liés à l'éclat ou à la marche du Soleil : Pyrois ou Pyroeis veut dire « l'Ardent », Éous, « l'Oriental », Éthon, « le Brûlant » et Phlégon, « le Brillant ».

Téthys (2, 156). Déesse de la mer (cfr 2, 69 et la note), elle est la mère de Clymène, et donc la grand-mère de Phaéton. En 2, 69, elle est présentée comme accueillant - avec une certaine inquiétude - le Soleil plongeant dans la mer au terme de sa course ; elle se trouve placée ici, un peu curieusement, non plus à l'Ouest du monde, mais à l'Est, permettant aux chevaux, en levant leurs barrières, d'entamer leur course dans le Ciel.

Eurus (2, 160). Vent du sud-est, provenant donc du Levant.

Septentrion... Serpent... Bouvier (2, 171-176). Ces constellations sont liées au pôle nord et au froid. Il a été question du Septentrion (= les deux Ourses) et du Serpent (Draco), dans les notes à 2, 131 et 2, 138. Le Bouvier est situé dans le prolongement de la queue de la Grande Ourse, d'où les appellations de « Gardien de l'Ourse » (Arctophylax) ou de Bouvier qui le caractérisent. C'est notre Petite Ourse. Sur cette constellation, voir par exemple Fastes, 2, 154 et 2, 189ss ; 3, 107 ; 3, 405 ; 5, 733. Voir aussi Mét., 2, 496-530.

la mer interdite (2, 172). Comme la terre fait son tour annuel autour du soleil, les habitants de l'hémisphère nord peuvent voir un tableau des étoiles qui, au fil de l'année, se modifie progressivement : certaines d'entre elles descendent de plus en plus bas au point de disparaître sous l'horizon, tandis que d'autres surgissent du côté opposé. Les étoiles qui sont le plus haut, notamment les constellations connues sous le nom de Septentriones (Chariot, Grande Ourse et Petite Ourse) sont toujours visibles et ne « plongent jamais sous la mer », comme le dit Homère, Iliade, 18, 487-489. La mer leur est en quelque sorte interdite.

Mérops (2, 184). Roi des Éthiopiens, époux de Clymène. Cfr 1, 756-763 et note.

Borée (2, 185). Vent du nord (= Aquilon) et aussi dieu du vent.

Scorpion (2, 195). Cfr supra 2, 82. Il est situé entre la Balance et le Sagittaire. On ne voit pas ce qu'Ovide entend par « Il étend ses membres sur l'espace de deux signes », à moins de songer à Aratus (Phénomènes, 546) qui, après la Vierge, place non pas la Balance et le Scorpion, mais les Pinces et le Scorpion lui-même.

La Lune (2, 208). Assimilée à Artémis-Diane, soeur de Phébus-Apollon.

montagnes (2, 217). Ovide va énumérer ici, sans aucune logique géographique (il termine toutefois par l'Italie), une série de montagnes, plus ou moins connues, évoquant nombre d'endroits différents de l'univers. De telles listes, qu'on appelle des « catalogues », sont chose courante en poésie depuis Homère. Le présent catalogue de montagnes, pour en revenir à lui, est peut-être partiellement inspiré d'Eschyle, Agamemnon, 281-311, qui énumère les signaux de feu qui, de sommets en sommets, ont annoncé à Clytemnestre la fin de la guerre de Troie. Nous ne commenterons pas en détail la liste d'Ovide. - Pour d'autres énumérations chez Ovide, voir par exemple Mét., 7, 224-234.

Athos... (2, 217-226). Le mont Athos est en Macédoine (Europe), le Taurus en Cilicie (Proche-Orient), le Tmolus en Lydie (Proche-Orient) et l'Oeta en Thessalie (Europe), l'Ida en Phrygie, l'Hélicon, séjour d'Apollon et des Muses, en Béotie, l'Hémus, en Thrace, où régna plus tard Oeagre, le père d'Orphée. Viennent ensuite l'Etna en Sicile, le Parnasse, séjour d'Apollon et des Muses en Phocide, l'Éryx en Sicile, le Cynthe à Délos, l'Othrys en Thessalie, le Rhodope en Thrace, le Mimas en Ionie, le Dindyme en Phrygie, le Mycale en Ionie, le Cithéron en Béotie, le Caucase en Scythie (?) , l'Ossa, le Pinde et l'Olympe, en Thessalie, et enfin, plus proches de la patrie d'Ovide, les Alpes et l'Apennin.

innombrables sources (2, 218). Homère (Iliade, 12, 18-22) n'énumère pas moins de huit fleuves « qui, des monts de l'Ida, coulent vers la mer ».

pas encore à Oeagre (2, 219). Oeagre, père d'Orphée, était un roi de Thrace, région sur laquelle s'élevait l'Hémus. L'époque de Phaéton précède de beaucoup celle de Oeagre.

redoubler ses feux (2, 220). Les feux venus du ciel s'ajoutent à ceux que crachent le volcan.

deux sommets (2, 221). Cfr 1, 317 et la note.

culte sacré (2, 223). Son sommet était consacré à Zeus, mais la montagne était aussi consacrée à Dionysos.

peuples d'Éthiopie (2, 235). Les Anciens appelaient Éthiopiens tous les peuples de race noire en général, et on croyait que la couleur de leur peau dépendait de leur longue exposition au soleil (par exemple Hérodote, 2, 22 : « Le teint des hommes que la chaleur rend noir »). Toutefois, Ovide semble innover ici, en attribuant à l'aventure de Phaéton la couleur des peuples de race noire. Sur l'Éthiopie, cfr aussi 4, 669 avec la note.

aride (2, 237). Les grands déserts de l'Afrique seraient donc dus au cataclysme provoqué par l'imprudence de Phaéton.

Dircé... Amymone... Pirène (2, 239-240). Catalogue de fontaines célèbres, qui permet à Ovide de faire étalage de son érudition : Dircé, en Béotie (Dircé, épouse de Lycus roi de Thèbes, fut changée en fontaine) ; Amymone, nom d'une des Danaïdes, était aussi le nom d'une fontaine près d'Argos ; Pirène était une fontaine de Corinthe (anciennement appelée Éphyra), consacrée aux Muses.

Tanaïs... Pénée... etc. (2, 242-259). Après les fontaines, Ovide reste dans le domaine aquatique, et nous assène une impressionnante énumération de fleuves, assez comparable au catalogue des montagnes des vers 217-226. Ici encore, nous n'entrerons pas dans un commentaire détaillé. Le Tanaïs est le Don actuel ; le Pénée, dieu du fleuve homonyme de Thessalie, père de Daphné (cfr 1, 452ss) ; le Caïque, fleuve de Mysie, dont la Teuthranie est une région (Mét., 12, 111 et 15, 277); l'Isménos en Béotie ; l'Érymanthe, fleuve de Perse et aussi rivière d'Élide ; le Xanthe, rivière de Troie appelée aussi Scamandre (Iliade, 21, 328-382 : au cours d'une bataille opposant le Xanthe/Scamandre à Achille, Héra avait demandé à Héphaïstos de secourir Achille son protégé en incendiant la rivière ; le Lycormas est une rivière d'Étolie ; le Méandre, une rivière de Phrygie bien connue pour son cours sinueux ; il existe plusieurs cours d'eau du nom de Mélas, et plusieurs régions appelées Mygdonie ; l'Eurotas est en Laconie, dont le Ténare est un promontoire bien connu ; l'Euphrate baigne Babylone, en Perse ; l'Oronte est en Syrie, le Thermodon (des Amazones) en Cappadoce, le Gange en Inde, le Phase (de Médée) en Colchide ; l'Hister est le Danube ; l'Alphée coule en Élide, le Sperchios en Thessalie ; le Tage, au Portugal, est connu pour charrier des paillettes d'or ; le Caÿstre est un fleuve de Méonie ou Lydie, et les oiseaux du Caÿstre sont les cygnes (Homère, Iliade, 2, 459-463 et Ovide, Mét., 5, 386). Le problème des sources du Nil a beaucoup intrigué les Anciens, et l'explication proposée ici ajoute un élément au dossier (pour les sept bouches asséchées, cfr Ovide, Mét., 1, 422). L'Ismarus est une montagne de Thrace où séjourna Orphée, c'est aussi le nom d'un fleuve de cette région ; l'Hèbre et le Strymon sont deux fleuves de Thrace. Ovide clôt son énumération en revenant en Occident (Hespérie), dont il cite le Rhin, le Rhône, le Pô, et finalement le Tibre, ce dernier étant ponctué d'une note patriotique.

Nérée... Doris... (2, 268-269). Nérée, un des dieux de la mer, qui avec sa soeur et épouse Doris, a donné naissance aux Néréides, dont Thétis, la mère d'Achille, et Clymène. Cfr 2, 8-11 et 2, 69.

déjà tièdes (2, 269). La chaleur a donc commencé à gagner les profondeurs de la mer.


Dernière édition par Mitra le Mer 2 Aoû - 01:21 (2017); édité 7 fois
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MessagePosté le: Ven 7 Juil - 17:34 (2017)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Ven 7 Juil - 18:05 (2017)    Sujet du message: Phaeton , tradition hyperboréenne ?? Répondre en citant

La mort de Phaéton (2, 272-332)

La Terre (= Tellus), à bout de souffle, supplie alors Jupiter de l'anéantir complètement à l'aide de sa foudre, non sans rappeler toutefois les peines qu'elle se donne au service des hommes et des dieux, et en insistant surtout sur le risque que court l'univers entier de retourner au chaos primitif. (2, 272-303)

Jupiter, convaincu de la nécessité d'une intervention, foudroie Phaéton et arrête la course du char. Le corps embrasé de Phaéton tombe à travers l'espace et atterrit près du fleuve Éridan, où les Naïades d'Hespérie lui dressent un tombeau et une épitaphe. (2, 304-332)

Toutefois la Terre nourricière était entourée par l'océan,

se trouvant entre les eaux de la mer et les sources partout taries,

qui s'étaient enfouies dans les obscures entrailles maternelles

desséchée, elle souleva jusqu'au cou son visage oppressé,

posa la main sur son front et, dans un grand tremblement

ébranlant tout, elle s'affaissa légèrement, et se retrouva plus bas

qu'à l'ordinaire, puis, de sa voix sainte, se mit à parler ainsi :

« Si c'est ta volonté, si je l'ai mérité, pourquoi laisser ta foudre au repos,

ô dieu des dieux ? Puisque je vais périr par les forces du feu,

laisse-moi périr par ta foudre et, causant toi-même ma perte, allège-la.

C'est à peine si je peux dénouer ma gorge pour parler ; »

- la fumée lui avait fermé la bouche - , « vois mes cheveux calcinés,

et ces cendres brûlantes sur mes yeux et sur mon visage !

Est-ce cela ma récompense, est-ce là l'honneur que tu me rends

pour ma fertilité et mes services, moi qui subis les blessures

du soc crochu et des herses, qui suis à l'épreuve toute l'année,

moi qui assure aux troupeaux feuillages et suave nourriture

et aux humains récoltes, moi qui vous procure aussi de l'encens ?

Admettons que j'aie mérité ma ruine ; mais qu'ont mérité les ondes,

et qu'a mérité ton frère ? Pourquoi les mers, que lui confia le sort,

se réduisent-elles et s'éloignent-elles davantage de l'éther ?

Et si tu n'as cure de nous faire une faveur, à ton frère et à moi,

prends du moins ton ciel en pitié ; regarde de l'un et l'autre côté :

les pôles fument tous les deux ; si le feu les atteint,

vos palais s'écrouleront. Vois Atlas qui souffre lui aussi

et soutient à peine sur ses épaules l'axe incandescent du monde.

Si les mers, si les terres viennent à périr, si le palais céleste disparaît,

nous nous retrouvons mêlés dans l'antique chaos. Arrache au feu

ce qui reste encore debout, et pense à l'ensemble de l'univers ! »

La Terre avait fini son discours : elle ne put en effet supporter

plus longtemps la fumée ni parler davantage ; rentrant sa face en elle,

elle se retira dans des antres tout proches du domaine des Mânes.

Alors le père tout-puissant attesta devant les dieux et devant celui même

qui avait cédé son char que, s'il ne lui portait secours,

le monde entier périrait, écrasé par le destin ; ensuite il gagna

le sommet de la haute citadelle, d'où il déploie d'habitude les nuages

sur toute la terre, d'où il ébranle le tonnerre, brandit et lance la foudre.

Mais il ne trouva alors ni nuages pour couvrir les terres

ni pluies à faire tomber du ciel. Il fait retentir le tonnerre

et, balançant sa foudre à hauteur de son oreille droite,

il l'envoie sur l'aurige, lui enlevant à la fois sa vie et son char,

et ainsi arrête de ses feux cruels les feux du Soleil.

Les chevaux désemparés bondissent dans des sens opposés,

arrachent le joug de leur cou, brisant et abandonnant leurs rênes.

Ici traînent des harnais, là un essieu détaché du timon,

de ce côté, on voit les rayons des roues brisées

et les restes du char déchiqueté épars sur un large espace.

Phaéton, dont les cheveux rutilants étaient la proie des flammes,

roule tête en avant ; il est emporté, traçant à travers l'espace

une longue traînée ; ainsi parfois, dans un ciel serein,

une étoile, même si elle ne tombe pas, peut sembler tomber.

Loin de sa patrie, dans une tout autre partie du monde,

le grand Éridan le recueille et baigne son visage encore fumant.
Les Naïades d'Hespérie confient à un tombeau son corps consumé

par la flamme aux trois dards ; et elles inscrivent sur la pierre un poème :

« Ci-gît Phaéton, qui fut l'aurige du char de son père ; »

« Il ne put le maîtriser, mais sa grande témérité le perdit. »

Son malheureux père, malade de douleur, avait voilé son visage

et s'était caché ; et, si du moins nous pouvons croire la tradition

tout un jour se passa sans soleil ; la lumière venait des incendies,

qui, dans ce malheur, eurent au moins quelque utilité.

NOTES :

Tellus (2, 272). Divinité romaine de la fécondité, associée à Cérès. On l'appelle la Terre Mère, la nourricière. Cfr 1, 381-394, l'oracle de Thémis dans l'épisode de Deucalion et Pyrrha. Voir aussi Fastes, 1, 671 et n.

ton frère (2, 291). Poséidon (Neptune), qui, lors du partage du monde, reçut le commandement de la mer, selon Homère, Iliade, 15, 187-193 . Cfr Fastes, 5, 495.

Atlas (2, 296). Fils de Japet et d'une Océanide, père des Hyades et des Pléiades. Cfr par exemple Fastes, 5, 169 et 5, 180, ainsi que Virgile, Én., 4, 246-251.

chaos (2, 299). Cfr 1, 5-88 et les notes.

Mânes (2, 303). Les esprits des morts, censés habiter les profondeurs de la terre. Il est question des Mânes dans les Fastes, par exemple en 2, 533-570 (pour les Parentalia et les Feralia), et en 5, 419-492 (pour les Lemuria).

à hauteur de son oreille droite (2, 311). Comme un soldat qui lance son javelot.

aurige (2, 312). Le conducteur du char.

Éridan (2, 324). Fleuve où se serait terminée l'épopée de Phaéton, l'Éridan (cfr aussi 2, 372) est généralement assimilé au Pô (Padus en 2, 258) dans la mythologie grecque. Phaéton tombe donc bien loin de son pays natal, l'Éthiopie.

Naïades d'Hespérie (2, 325). Probablement les Nymphes habitant les eaux de l'Éridan qui recueillent son corps, à moins qu'il ne s'agisse déjà des Héliades (2, 340). L'Hespérie est le nom poétique de l'Italie.

flamme aux trois dards (2, 326). La foudre de Jupiter. Cfr 2, 848-849 : « la foudre à triple pointe ».



Septentrion... (2, 528-530). Les « sept étoiles » (septem triones) qui forment les deux constellations du pôle nord. Cfr 2, 131 ; 2, 507 ; Fastes, 2, 154-156 ; 2, 189-190 ; 3, 107-108.


Dernière édition par Mitra le Ven 7 Juil - 18:29 (2017); édité 1 fois
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MessagePosté le: Ven 7 Juil - 18:24 (2017)    Sujet du message: Phaeton , tradition hyperboréenne ?? Répondre en citant

Phaéton pleuré par ses proches : métamorphoses des Héliades et de Cygnus (2, 333-400)

Passage important egalement...

pprenant la mort de son fils Phaéton, Clymène parcourt le monde et retrouve son cadavre, tandis que les Héliades, inconsolables, restent à gémir sur le tombeau de leur frère jusqu'à leur métamorphose en arbres. (2, 333-366)

Cygnus, inconsolable lui aussi après la disparition de Phaéton, son bien-aimé, renonce à son trône chez les Ligures et pleure près du fleuve, avant d'être métamorphosé en cygne. (2, 367-380)

Phébus enfin est si affecté que, sans l'insistance des autres dieux, il renoncerait à éclairer le monde, mais il reprend sa charge, en passant sa rancune sur ses chevaux. (2, 381-400)


Clymène exprima d'abord toutes les plaintes qu'on attendait
dans un si grand malheur ; puis, endeuillée et égarée,
se déchirant la poitrine, elle parcourut le monde entier,

cherchant d'abord le corps sans vie de son fils ; bientôt, en cherchant,

elle trouva les ossements, mais enfouis près d'une rive étrangère,

elle se prosterna et, à la lecture du nom gravé sur le marbre,

elle fondit en larmes et resta blottie sur place, la poitrine dénudée.

Les Héliades pleurent tout autant et offrent à la mort

le vain présent de leurs larmes ; nuit et jour, de leurs mains,

elles se frappent la poitrine et appellent Phaéton qui n'entendra pas

leurs pauvres plaintes ; elles restent étendues près de son tombeau.

Quatre fois, la lune avait réuni ses cornes et empli son disque

les soeurs, selon leur coutume, - coutume qu'avait fait naître l'usage -,

avaient poussé leurs gémissements. Parmi elles, Phaétuse,

l'aînée, voulant se coucher sur la terre, se plaignit qu'elle sentait

ses pieds devenir rigides ; essayant de s'approcher d'elle,

la blanche Lampétie fut brusquement retenue par une racine ;

une troisième s'apprêtait à s'arracher les cheveux, mais ses mains

ne ramenèrent que des feuilles ; celle-ci pleure ses jambes

muées en tronc, et celle-là ses bras transformés en longs rameaux.

Tandis qu'elles s'étonnent, l'écorce enveloppe le haut de leurs jambes,

gagnant peu à peu ventres, poitrines, épaules et mains,

ne leur laissant que la bouche pour appeler leur mère.

Que pourrait une mère, si ce n'est se laisser aller à ses élans

et joindre ses baisers aux leurs, tant que c'est encore possible ?

Ce n'est pas assez ; elle tente de détacher leurs corps des troncs,

et brise de ses mains les tendres rameaux ; mais alors

des gouttes de sang suintent, comme d'une blessure.

« Mère, je t'en supplie, épargne-moi, » crie chaque fille blessée,

« Je t'en prie, épargne-moi. Blessant l'arbre, tu déchires notre corps.

Et maintenant, adieu ! ». L'écorce atteint leurs derniers mots.

Depuis coulent leurs larmes durcies au soleil, gouttes d'ambre,

qui s'écoulent des jeunes rameaux ; le fleuve limpide les recueille

et les envoie pour servir de parure aux brus des Latins.

Cygnus, descendant de Sthénélus, assista à ce prodige ;

lié à toi par le sang maternel, il t'était cependant, ô Phaéton

encore plus proche par les sentiments. Il renonça à son pouvoir

- il avait régné sur les peuples de Ligurie et sur de grandes cités -,

et emplit de ses plaintes les rives verdoyantes de l'Éridan

et les bois qui s'étaient accrus par tes soeurs, quand soudain

sa voix d'homme s'affaiblit, des plumes blanches dissimulent

ses cheveux, son cou s'allonge s'écartant de sa poitrine,

une membrane lie ses doigts rougis, des ailes couvrent

ses fllancs et un bec sans pointe lui sert de sa bouche.

Cygnus est un nouvel oiseau, qui ne se fie ni au ciel ni à Jupiter,

se souvenant combien injustement ces feux avaient été lancés.

Il gagne les étangs, les lacs immenses, et, dans son horreur du feu

choisit, pour y résider, les cours d'eau, ennemis des flammes.


Entre-temps le père de Phaéton apparaît négligé,

dépourvu de son éclat naturel, comme lors d'une éclipse ;

il hait la lumière et le jour, se prenant lui-même en haine,

et il livre son âme à la douleur ; à ses pleurs, il ajoute la colère

et refuse au monde ses services. « C'est assez », dit-il,

« depuis toujours, mon sort fut de n'être jamais en repos ;

je suis las de travaux sans fin et sans honneur.

Qu'un autre, n'importe qui, conduise le char porteur de la lumière !

Si personne ne se présente et si tous les dieux s'avouent inaptes,

que Jupiter le conduise, lui ; ainsi du moins, en prenant les rênes,

il posera ses foudres qui parfois vont priver les pères de leurs enfants.

Il saura alors, ayant éprouvé la force des chevaux aux sabots de feu,

que celui qui n'a pu les diriger n'a pas mérité la mort. »

Tandis que le Soleil tient ces propos, tous les dieux l'entourent

et, d'une voix suppliante, lui demandent de ne pas étendre

les ténèbres sur le monde ; Jupiter aussi s'excuse d'avoir lancé

ces feux et, agissant en roi, il joint à ses prières des menaces.

Phébus réunit les chevaux affolés, encore angoissés de terreur,

et, dans sa douleur, les frappe de son aiguillon et de son fouet ;

il s'acharne sur eux, leur reprochant et leur imputant la mort de son fils.


NOTES


Clymène (2, 333). Cfr 1, 756 et la note.

Héliades... Phaétuse... Lampétie (2, 340-349). Les Héliades sont les filles du Soleil et de Clymène, les soeurs de Phaéton donc, dont Ovide va raconter la métamorphose en arbres (des peupliers plus précisément selon Hygin, Fab., 154). Ovide en cite deux nommément dans les vers suivants, Phaétuse et Lampétie, deux noms présents chez Homère (Odyssée, 12, 132).

gouttes d'ambre (2, 364). Selon Hérodote (3, 115), qui n'évoque pas le mythe de Phaéton, on trouvait de l'ambre dans l'Éridan, mais l'Éridan de l'historien grec, «un fleuve se jetant dans la mer septentrionale », n'est manifestement pas le Pô. Dans la réalité, l'ambre venait du rivage de la Baltique. On a pu penser (cfr Ph.-E. Legrand, à propos du texte d'Hérodote) que l'ambre arrivait par voie de terre, à travers toute l'Europe centrale, jusque dans la région du Pô, d'où il était amené dans les différentes régions d'Italie. - « À l'époque romaine, les objets d'ambre étaient beaucoup plus appréciés qu'à la nôtre. [...] On considérait comme un charmant raffinement l'habitude qu'avaient les femmes de tenir dans la main une petite boule d'ambre, et de la frotter de temps en temps pour en respirer le léger parfum » (U. E. Paoli, Vita Romana, Paris, 1955, p. 263). Cfr aussi n. à 10, 262.

Cygnus... Sthénélus (2, 367). Kuknos, terme grec désignant le cygne, a donné naissance à la légende de la métamorphose d'un certain Cygnus, en cygne. Sur ce Cygnus, roi de Ligurie (= la région de Gênes), voir aussi Virgile, Én., 10, 189-194 et notes, un passage dont Ovide s'inspire sûrement ici. Aucune source plus ancienne ne fait état de la parenté de Cygnus avec Clymène ni de sa liaison avec Phaéton. - Le nom de Sthénélus est bien connu dans la mythologie, mais aucune autre source qu'Ovide n'en fait le père de Cygnus. - Par ailleurs, Ovide évoque la métamorphose en cygne de deux autres personnages homonymes (7, 371-2 et 12, 64-145). J.-Cl. Belfiore distingue quatre Cygnus différents.

tes soeurs (2, 372). Les Héliades, qui venaient d'être métamorphosées en arbres (2, 340-366) et qui avaient ainsi agrandi l'étendue des bois.
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MessagePosté le: Ven 7 Juil - 19:08 (2017)    Sujet du message: Phaeton , tradition hyperboréenne ?? Répondre en citant

Idea Quelques remarques personnelles

Evidemment la chute de Phaeton peut/ doit etre assimilée à la chute d'un astéroide/ métore (on l'a abordé de nombreuses fois sur ce forum)

Cela est a relier aux traditions hyperboréennes pour differentes raisons . La principale est que cette histoire tourne autour d' Apollon ( Dieu principal des Hyperboréens)

La version la plus connue de la légende de Phaéton fait de lui un fils du Soleil et de Clymène, l'Océanide, laquelle l'éleva dans l'ignorance de qui était son père. Ovide consacre de nombreux vers au personnage.

Pourquoi y a t il un secret autour du veritable père de Phaeton , ce qui motive sa visite à Phebus (Helios = Apollon) pour obtenir une reponse definitive est il bien le fils du Soleil ?

Car Clymène est Épouse de Mérops , roi d'Éthiopie, elle l'aurait trompé avec Hélios (le Soleil = Apollon), et aurait mis au monde Phaéton.

C'ets pour cela qu'il a sans doute depuis son enfance des questions existentialiste Laughing Merops roi d' Ethiopie devait sans doute etre noir de peau... et lui non Mr. Green

C'ets pour ça qu'ovide à un moment du recit dit :

"l regrette de connaître son origine et de voir ses prières abouties.

Désireux désormais d'être appelé fils de Mérops, il est emporté,"

=> Voyant la catstrophe qu'il a provoqué , et sa mort ineluctable il regrette d'avoir entrepris cette demarche d'etre allé voir Appolon (Le soleil) pour lui confirmer qu'il est bien son père
Si seulement il s'etait contenté d'etre le fils de Merops tout cela ne se serait pas produit.
----

Evidemment il y a l' ambre egalement qui ramene au monde hyperboréen , Le cygne , et les Helliades., la Lune (souer de Phebus-Appolon - pour elle on vous expliquera en quoi elle est t liée à l'identification hyperboréenne).

Concernant les Helliades : Nous sommes trois sœurs Phaétuse, Lampitie et Phoébé, filles d’Hélios et de la nymphe Clymène. Nous avions un frère Phaéton, mais maintenant que nous avons appris sa mort, nous sommes si tristes que nous versons toutes les larmes de notre corps sans nous arrêter, jour et nuit, sur sa tombe.
Je vis que Phaétuse voulut se jeter sur sa tombe faite de marbre, mais s’arrêta net et poussa un gémissement. Je voulus la secourir mais tout à coup, je me sentie enchaînée à la terre et vis des racines qui poussaient à mes côtés. Mes deux sœurs furent victimes de la même transformation. Je me plaignis quand je vis que mes jambes se transformaient en tronc. Les bras de Phaétuse étaient maintenant des rameaux. Nous étions étonnées par cette métamorphose et nous nous demandions pourquoi, pourquoi on avait été transformées ainsi, en bouleaux ? Nos chaudes larmes se transformèrent ainsi en ambre.

Arrow Ces helliades nous avons decouvert et prouvés qu'elles etaient egalement Les gardiennes des troupeau sacrés , que les hyperboréens consacraient a Appolon sur une ile en Hyperborée dont nous aurons l'occasion de reparler ... L'ancienne ile sacrée d' Apollon en Hyperborée (celle appelée par les sources antiques Helixoia )

Beaucoup d'elments donc dans la "légende" de Phaeton convergent vers le monde Hyperboréen ...
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MessagePosté le: Ven 7 Juil - 20:05 (2017)    Sujet du message: Phaeton , tradition hyperboréenne ?? Répondre en citant

Sauf L 'Eridan... Fleuve ou fini la course folle de Phaeton ...


L'eridan est pour les antiques le Pô  (Fleuve Italien) . A l' Epoque d' Ovide (Au 1er siècle après J.-C)., Rome était en passe de devenir le centre incontesté de l'industrie de l'ambre.
Les Celtes ont retabli les routes d el' ambre par voie fluviales  Baltique > Rhin > Rhone > Po ... c'ets par cette voie là que les romains recevaient l' ambre de la baltique. 
Arrivant du Po, Ovide en fait sans doute (et à tord ) "les sources de l' ambre" ...
Mais l' ambre a connu d'autres routes bien plus anciennes qui ont leur importances dans l'identification de l' Hyperborée. 
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Mitra
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MessagePosté le: Dim 9 Juil - 23:30 (2017)    Sujet du message: Phaeton , tradition hyperboréenne ?? Répondre en citant

Si Ovide s'inspire d'un evenement catastrophique réel , via son oeuvre poetique on a pas de moyen de la dater.
Il donne seulement une indication : L'epoque de Phaeton précede de beaucoup celle du Roi Thrace Oeagre.
On ne sait pas trop si et quand ce roi mythique de Thrace aurait reigné...

Par contre dans la mythologie Grecque Oeagre est fils de Ares et de LETO . Hors on a vu egalement que LETO est supposée etre née en hyperborée et etre la mère d' Appolon .(et D'artemis) .Oegre est roi de Thrace , pere d' Orphée.

Avec cette référence à Oegre , on a donc yne reference supplementaire au monde hyperboréen dans ce travail d' ovide sur Phaeton.
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MessagePosté le: Ven 14 Juil - 03:40 (2017)    Sujet du message: Phaeton , tradition hyperboréenne ?? Répondre en citant

Idea  A noter que Hesiode dans se theogonie  ne lie pas Phaeton à cette tradition . 


Pour lui "L'Aurore conçut de Céphale un illustre enfant, l'intrépide Phaéton, homme semblable aux dieux. Phaéton, encore paré des tendres fleurs de la brillante jeunesse, ne pensait qu'aux jeux de son âge, lorsque Vénus, amante des plaisirs, l'enleva, l'établit nocturne gardien de ses temples sacrés et lui accorda les honneurs divins."






L' Histoire de Phaeton fils du Soleil conduisant un char est sans doute plus tardive qu' Hesiode qui ne le mentionne pas du tout dans ce contexte. 


De Même la plus ancienne mention ecrite rapportant une tradition Heliades soeur du soleil  metamorphosées en peuplier qui vers des larmes d' ambre dans l' Eridanos
mais sans rapport avec la mort de Phaeton   est rapporté par Euripdes (480 - 406 avant JC)  dans " Hyppolythe" .


Quant a Phaeton vu comme un bolide celeste ayant causé une catastrophe , le premier a le mentionner est... Platon dans le Timée .




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MessagePosté le: Lun 17 Juil - 04:03 (2017)    Sujet du message: Phaeton , tradition hyperboréenne ?? Répondre en citant

Mitra a écrit:





L' Histoire de Phaeton fils du Soleil conduisant un char est sans doute plus tardive qu' Hesiode qui ne le mentionne pas du tout dans ce contexte. 


De Même la plus ancienne mention ecrite rapportant une tradition Heliades soeur du soleil  metamorphosées en peuplier qui vers des larmes d' ambre dans l' Eridanos
mais sans rapport avec la mort de Phaeton   est rapporté par Euripdes (480 - 406 avant JC)  dans " Hyppolythe" .











La version complete à savoir Phateon + char solaire +  helliades metamorphosées en peuplier + pleurs + eridanos+ ambre 
conforme a celle indiquée par  d' Ovide  est déjà formulée de cette façon par Apollonios de Rhodes ( née vers 295 ans av JC)


Arrow  Le vaisseau, toujours emporté par le vent, se trouva bientôt au milieu du fleuve Éridan, près de l'endroit où Phaéton, frappé de la foudre, fut précipité du char du Soleil au fond d'un marais d'où s'exhale encore une fumée épaisse et au-dessus duquel les oiseaux ne peuvent voler impunément. Tout autour les filles du Soleil, changées en peupliers, pleurent la mort de leur frère, et les larmes qu'elles répandent sont des gouttes d'ambre qui, séchées d'abord sur le sable par les rayons du soleil, sont ensuite reportées dans le cours du fleuve par les flots que les vents poussent vers le rivage / Apol.Rhodes  Argonautiques Chant IV 


-------


Pour resumer


Dans une premiere phase on a le noyau Hyperboréens + Eridan + chevaux + ambre (Hesiode )


Dans une deuxieme phase : Hyperboréen et chevaux disparaissentt / apparition des Helliades + Eridan + metamorphose + Peuplier + Ambre (Euripide


Dans une troisieme phase vient s'  ajouter  Phaeton + Char solaire (Appolonios de Rhodes)


pour arriver à la version finale rapportée par Ovide.
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Mitra
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MessagePosté le: Mer 19 Juil - 00:22 (2017)    Sujet du message: Phaeton , tradition hyperboréenne ?? Répondre en citant

Idea  A noter que l'identification d' Apollon à Phebus (le soleil) n'est pas une association qui serait du aux poetes latins...


Car plusieurs fois chez  Hesiode on retrouve déjà  souvent Apollon nommé : "Phoebus Apollon " (Φοῖβος / Phoíbos)
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Mitra
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MessagePosté le: Jeu 27 Juil - 03:56 (2017)    Sujet du message: Phaeton , tradition hyperboréenne ?? Répondre en citant

Arrow  Il faut je pense lier également la metamorphose de Cygnus à une tradition hyperboréenne
car plus loin dans l'ouevre d' Ovide sur les Métamorphoses 


B 34 OVIDE  METAMORPHOSES 15 extrait


"Une tradition prétend qu'à PALLENE CHEZ LES HYPERBOREENS

on trouve des hommes dont le corps se couvre de plumes légères

lorsqu'ils se sont plongés neuf fois DANS LE LAC TRITON

À la vérité je n'y crois pas ."


Esse uiros fama est in Hyperborea Pallene,

qui soleant leuibus uelari corpora plumis,

cum Tritoniacam nouiens subiere paludem ;

haud equidem credo 




Arrow  La geographie d' OVIDE pour le coup n'est pas très sure mais il est quand même intéressant de noter 
qu'il place Pallène... chez les Hyperboréens. 


Or Pallène est l'un des anciens noms de la peninsule de Cassandra , au Nord de la grece en Chalcidique.


 



Preuve si besoin qu'il n' y a pas a aller chercher les Hyperboréens  tres loin de la Thrace dans l'esprit de certains antiques.... 


L'idée a retenir et qu' il associe Hyperboréens et métamorphose en oiseaux 
Cf. Le mythe d'Ovide de la métamorphose de Kyknos (Cycnus) detaillé dans ce sujet...


La plongée 9 fois dans un lac a quelque chose de possiblement initiatique (si vous le liez  un rite identifiable merci nous le poster içi) ... quand au costume en plume d'oiseau ou culte de l' homme oiseau c'etait sans doute quelque chose d' assez rependu anciennement ( et pas que chez les hyperboréens...) 














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Mitra
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MessagePosté le: Mer 2 Aoû - 01:12 (2017)    Sujet du message: Phaeton , tradition hyperboréenne ?? Répondre en citant

Idea Philostrate - Galerie de tableaux Livre 1.11 III eme siecle après JC

Les Héliades pleurèrent, dit-on, des larmes d'or sur le sort de Phaéthon, ce fils du Soleil qui, dans sa passion pour le rôle de cocher, osa monter sur le char paternel, et qui n'ayant pas su tenir les rênes glissa et tomba dans l'Éridan. Selon les philosophes, des chaleurs excessives donnèrent lieu à cette allégorie ; mais pour les poètes et les peintres le char et les chevaux sont véritables. Le désordre règne dans le ciel; regarde en effet ; en plein midi la nuit chasse le jour et derrière le globe du soleil qui se précipite vers la terre paraissent les astres ; les Heures désertant les portes confiées à leur garde s'élancent en fuyant vers les ténèbres qui viennent au devant d'elles ; les chevaux échappés du joug n'obéissent qu'à la fureur qui les emporte ; en signe de détresse, la Terre lève les mains vers le ciel, d'où se précipite sur elle ce torrent enflammé. Le jeune homme lancé hors de son char roule dans l'espace ; sa chevelure est consumée par la flamme ; sa poitrine vomit la fumée ; il va tomber dans l'Éridan et donner à ce fleuve une célébrité fabuleuse. Car les cygnes qui depuis cette aventure soupirent mélodieusement, chanteront le jeune homme, et voyageant par bandes à travers les airs, iront redire ses malheurs au Caystre et à l'ïster, si bien que nulle part son histoire ne sera inconnue. Partout, sur leur route , ils trouveront Zéphyre, le léger Zéphyre, pour accompagner leur chant : car il leur a promis, dit-on, de pleurer Phaéthon de concert avec eux. C'est bien là en effet ce qui se passe sous mes yeux : le souffle du vent touche les cygnes, comme s'ils étaient de véritables instruments . Sur le rivage se tiennent les Héliades; car elles n'ont pas encore cessé d'être femmes, mais on dit qu'à force de pleurer elles sont devenues des arbres et qu'ainsi transformées elles répandent encore des larmes. Sachant cela, le peintre nous montre les Héliades prenant racine : les unes sont arbres jusqu'au milieu du corps ; les autres ont déjà les mains atteintes par les branches. Vois cette chevelure, c'est la cime d'un peuplier noir ; vois ces larmes, elles sont dorées ; ruisselant dans les yeux, elles égaient la prunelle de leur éclat et l'illuminent d'un rayon ; sur les joues elles étincellent au milieu des roses du teint ; sur la poitrine où elles tombent goutte à goutte elles ont déjà tous les caractères de l'or . Sortant de ses eaux tournoyantes, le fleuve se lamente. Il étend sous Phaéthon le pli de sa robe (g) pour le recevoir dans sa chute ; puis il se fera le jardinier des Héliades. Servi par les vents et les gelées qu'il envoie, il changera leurs larmes en pierres, il les recevra une fois tombées, et sur ses eaux limpides les transportera jusqu'à la mer. Ainsi s'en iront chez les barbares qui habitent les côtes de l'Océan ces paillettes provenant des peupliers .

Le passage souligné et en gras et tres important, on expliquera pourquoi...
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 14:01 (2017)    Sujet du message: Phaeton , tradition hyperboréenne ??

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